|
|
|
|
|
|
News du 05/08/2010 à 14:20:45 écrite par Had' - Commentaires (24)
Banane
Merci à tous ceux qui nous soutiennent par mail malgré notre rythme.
Sinon pour infos: AirGear: 11 chapitres de retard mais l'auteur ne reprends pas la série avant le 15 septembre. Tenjho Tenge: Dernier chapitre de la série au mois d'aout. ça sera la 136. Gunnm Last Order: Après une stupide brouille de l'auteur avec sa maison d'édition, il se mets en pause au chapitre n°100 Billy Bat: Plus personne ne scan les raws, donc on vous sort les chapitres 32 à 36 d'ici la fin du mois et après bah...c'est la merde Evangelion: dernier chapitre sorti en magazine est le 84. La suite sortira après les films 3 et 4 (qui sortiront en même temps) pour ne pas spoilé. Highschool of the Dead: Les auteurs se remettent à dessiner. Donc on s'y remet. Bastard!!!: On cherche un traducteur jap
News du 01/08/2010 à 20:35:58 écrite par MnM - Commentaires (10)
L'idiot, le sage et la cité
Bonsoir,
L’opiniâtreté et l’obstination, confinant souvent à une attitude bornée et figée, morte avant même d’être née, sont tout ce qu’il reste aux cons, qui, incapables de s’adapter à une situation ou au monde, se mettent en butte contre lui en y opposant une ligne d’action simple, répétitive et binaire, souvent auto assertive et justifiant d’elle-même sa bonne foi nécessaire, qu’ils appliquent jusqu’à ce qu’on les laisse modestement triompher ou qu’ils perdent suffisamment la face pour abandonner d’eux-mêmes leur combat pathétique, voyant que leur système idiot ne se vérifiera pas ; tout l’art consistant alors à les laisser s’enferrer, leur donnant un peu de grain à moudre, ménageant habilement la carotte et le bâton pour que leur frustration ne cesse jamais mais qu’ils n’obtiennent jamais satisfaction non plus.
Quelle différence cependant entre une pensée vivante mais arrêtée en des points, des endroits qu’elle érige en dogme, qu’elle tient, au terme d’une démarche réflexive toujours en court pour ses vérité, et une absence de pensée, régit uniquement par des readymades , qu'artificiels autant qu’absurdes, dont la signification, l’origine et les répercussions échappent, sont inconnues de l’individu même qu’ils régentent ? Est-il possible d’affirmer que la connaissance seule des liens qui nous entravent, de leurs conséquences comme de leurs causes serait la distinction –distinction forcément douteuse et témoignant d’une empathie amputée à tout le moins– entre la figure de l’idiot, tel que pris dans des rets dont il contribue à la production et reproduction, qu’il fait advenir sans u prendre garde et parmi lesquels il se débat sans rien comprendre du pouvoir qui l’oppresse, et celle du sage, du savant, de l’intelligent tel qu’au fait des contingences alentours, des lieux de naissance de celles-ci, de leurs conséquences et de leurs causes, qu’il cherche à briser, à la hauteur de ses moyens ?
La croyance en la fatalité permettrait, dans cette optique, de tirer un trait entre le singe, invoquant des dieux pour expliquer son calvaire, et le singe savant, qui évoque une hypothétique chaînes de raisons et de suites –je vous renvoie à ce que j’ai pu dire, ici, sur le déterminisme, pour mes opinions sur le sujet– dans une sorte de profession de déterminisme. Or, immédiatement, l’absurdité des deux propositions apparaît. L’une comme l’autre acte de foi, elles ne suscitent rien pour toute réponse que, au mieux, une timide intercession sans espoir soit auprès d’une divinité quelconque, soit auprès d’événements sur lesquels il n’est pas de prises. Singe ou singe savant, l’animal humain reste un primate.
Pourtant, il est difficile de nier la différence entre un con, un imbécile, un crétin, tous ces mots recouvrant la même réalité finalement, et son contraire, l’intelligent –l’intello si méprisé– le sage, soit, non pas le détenteur du savoir, mais plutôt le tisseur de réseaux, le faiseur de liens. Cette distinction me semble –malgré son absurdité fondamentale dont je parlerai peut-être plus bas– bien plus légitime qu’une autre, opposant le savant à l’ignare, qui témoigne plus d’une conception sociale mesquine que d’une prétention méprisante et d’une affection simulée à chercher à comprendre les choses, le lieu du savoir étant le partage, le lien.
En outre, cette distinction permet d’évacuer complètement la dimension morale qui n’a rien à faire ici. De fait, il est absurde de vouloir à tout prix que le sage aime l’humanité. À chacun, sur ce sujet, comme sur les autres, de pousser sa réflexion où il le souhaite, que cela mène à haïr les gens ou leur vouer un amour immodéré. Finalement, ces résultats sont en fait très semblables et ne possèdent que peu d’importance vu qu’ils sont, après tout, le point du dogme.
Or l’objet important est la pensée en acte, ces actes mêmes qu’ils faut examiner minutes par minutes, pour avoir espoir –si c’est l’entreprise qu’on s’est fixé– de briser le dogme résultant, en relevant les erreurs, les égarements et les contradictions de la pensée. La morale, en terme de pensée, est une étrangère. Un reliquat des philosophes anciens qui réglaient avec elle la conduite de la cité et des hommes du peuple, mais se réservaient une éthique, une ligne de conduite bien différente. Au-delà de cette critique un peu bancale, ce qui justifie l’évacuation de la morale comme notion obsolète est le fait qu’elle repose sur une distinction fatiguée, vue, revue et vue jusqu’à la lie, celle entre le bien et le mal. Or, cette séparation, je vous renvoie au billet de la semaine passée, n’appartient pas au domaine humain mais au domaine animal.
De là, son intervention dans la pensée, lieu privilégié de l’humain, doit être refusé à toute force. La morale est un instinct animal que la pensée doit contribuer à faire dépasser. Cette morale faussement humaine n’est là que pour fausser et biaiser la penser, la pervertir.
Une fois évacuée, que reste-t-il ? La compréhension des choses. L’obéissance ou la désobéissance volontaire, pensée, réfléchie et non plus aveugle. La distinction effectuée plus tôt, entre celui qui pense et celui qui ne pense pas, retrouve alors toute sa force et se découvre presque un semblant de légitimité. Le non pensant qui démontre par ses actes, ses paroles ses attitudes, partout enfin en lui son absence de pensée, n’est pas humain. Au contraire, plutôt, il l’est bien plus que sa contrepartie, celui pensant qui, bien loin d’être humain, trop humain, se révèle finalement autre chose, plus qu’humain ; surhumain ?
Cependant, malgré toute la conviction que peut entraîner cette distinction, il faut bien souligner ce que son caractère possède d’artificiel. Séparer l’espèce humain, la race humaine, en deux catégories –pensant et non-pensant– revient à sombrer dans le radicalisme que je critiquais tantôt ici-même. En outre, c’est nier la complexité du phénomène humain, de même que les conditions qui conduisent à ce phénomène. Plutôt que de taxer un quidam de non-pensée, il s’agit d’abord d’observer s’il y a lieu les raisons de cette non-pensée, ses conditions d’exercice et les solutions à y apporter pour, peut-être, idéal inaccessible, y rendre possible une pensée.
En fait, ce que cette conclusion possède d’insupportable aux esprits médiocres –et de très agaçants pour ceux qui se veulent autres– tient en plusieurs points.
D’abord, l’insaisissabilité fondamentale du phénomène humaine soit, de la pensée. Peu importe les schèmes globaux que reproduisent les populations, l’individu n’est pas réductible dès l’abord et il faut passer quelques temps à l’observer avant d’en pouvoir déduire quoique ce soit et de répondre en conséquence. De sorte que plus de six milliards d’êtres impliquent plus de six milliards de pensées différentes et donc plus de six milliards de réponses.
Ensuite, elle affirme l’existence nécessaire d’une élite pour chaque individu ou couche d’individus. En effet, les pensées n’étant pas égales –pour des raisons souvent contingentes mais qui ne forment jamais deux individus identiques, tant et si bien qu’il est impossible de les ériger en règles et lois– il y a forcément présence d’inférieurs et de supérieurs, dans une évolution perpétuelle et changeant selon le domaine. Un professeur d’université se retrouvera désarmé devant un tailleur de pierre, par exemple. Il me semble pourtant que, si cette classification ne peut être établie, il existe cependant un indice relativement sûr : la capacité individuelle à saisir, comprendre et faire sienne une situation, de façon à apprendre et comprendre, s’adapter. Cela dénote d’une flexibilité de pensée et d’une habitude à jongler mentalement.
Enfin, l’individualité fondamentale montrée plus haut et la multiplicité irréductible des individus concourent à un fait incroyable et vexant : l’affirmation d’une supériorité n’est jamais originaire des pairs, mais de l’individu –supériorité qui est transitoire, dans le sens où elle s’exprime dans un domaine et s’efface dans les autres, qu’elle est sujette à l’histoire et est un perpétuel recommencement et entraînement– même. C’est seulement une fois exprimée –et il faut du courage pour se dire supérieur, à cause de la perversion de l’idéal démocratique, plus de courage que pour le penser en tout cas– et vérifiée par l’expérience des pairs –collective, donc, dans une reconnaissance de l’autre– de cette supériorité qu’elle est enfin de fait et peut s’exprimer et agir. De sorte que seuls se propres égarements, ses propres bêtises, peuvent venir contredire celui qui se déclare supérieur. Cela, ou ceux qu’il considère comme ses pairs. De sorte que les jappements d’une foule ou de quelques uns qu’il ne reconnaît pas ne le feront pas bouger d’un pouce. Il faudra tout le désaveu de ses pairs et les correction de l’expérience pour qu’il admette avoir eu tort. C’est le souci de l’individu confronté à la communauté.
Toute la perversité de la pensée exposée ici réside précisément dans l’attitude individuelle face à la communauté. De fait, si cette supériorité supposée devient la légitimation d’une entreprise de négation des supposées inférieurs, on voit les dommages que l’individu pourrait causer à la cité, de même à sa pensée elle-même, attendu qu’il ne se trouverait jamais suffisamment de pairs pour accompagner cette entreprise et qu’il lui faudrait s’entourer de pise aller. Finalement, la seule solution viable est celle de faire advenir chez les autres la pensée que l’on reconnaît chez soi. Non pas les idées, mais la pensée, la jonglerie mentale, intellectuelle. Le sage travaille à se rendre obsolète par tous les moyens possibles à sa disposition, même et malgré son mépris –parfois seulement affiché– de la foule.
Ainsi, la distinction fondatrice trouve sa solution dans le seul lieu du savoir et de la pensée : l’échange. Au final, s’il ne reste aux cons que l’opiniâtreté imbécile de la confrontation figée, c’est non pas à cause de la bêtise qui est la leur, mais parce qu’un supérieur n’a pas trouver les outils, les angles, les mots pour saper ce dogme et faire advenir la pensée.
On le voit ainsi, le rôle du sage atteint sa complétion dans son obsolescence et ne peut être que et uniquement –qu’il vise son propre bonheur individuel ou celui de la cité– favorable à la cité.
Le partage, le coup de pied au cul, le foutage de nez dans la merde, tous ces outils ne servent qu’un but : la transmission et l’avènement de la pensée.
Sur ce, d’ici à la semaine prochaine, portez-vous bien, amusez-vous bien et lisez nos distributions.
MnM, we fight for you.
|
|
|
MNM team • 2006 - 2009 Design par JJfew • Powered by Bronx |
|