|
|
|
|
|
|
News du 15/08/2010 à 23:01:03 écrite par MnM - Commentaires (14)
Et si on parlait d'art ?
Bonsoir,
Un peu digressions sans aucune importance ce soir, mais avant, le petit lien avec la traduction –vite faite– du récit de la semaine dernière. Comparez-les si cela vous amuse, les deux langues sont très différentes et ma maîtrise des deux très fluctuante.
J’aimerais bien vous fournir quelque chose de consistant, plutôt que mes délires débiles. Mais quand l’inspiration ne vient pas…
Voyez-vous, c’est une bête assez étrange l’inspiration. En tant qu’artiste –oui, je vous emmerde– on aimerait se défaire, pour une part, des liens de l’inspiration. Pouvoir produire quelque chose sans être obliger de trouver la petite étincelle, sans que cela soit laborieux. On aimerait, c’est le mythe, une production automatisée sans contraintes contingentes. Mais d’un autre côté, se débarrasser de l’inspiration nous est odieux, et suicidaire. C’est abandonner une part de soi, une part de merveilleux dans la création. Pire, c’est lui ôter son côté sacré et la rendre désespérément humaine, terrestre. Or, il ne faut pas se le cacher, il y a une mystique sacrée de la création et de l’artiste qui la fait advenir.
Le piédestal sur lequel ces deux concepts sont installés n’est pas près –et ne doit pas– tomber. En effet, malgré toutes les tentatives de la société de consommation pour assimiler l’artiste et la création à son processus froid automatisé de production / consommation de biens, de produits, qui ont généré des monstres comme Marc Lévy, J. K. Rowling ou encore Robin Hobb, Tom Clancy, ou bien BB Brunes, Ke$ha, voire Légions, Wolfman et ainsi de suite, la liste est encore longue.
La société de consommation cherche à faire –depuis son avènement en société d’abondance, qu’on situera, arbitrairement, comme ça, au tournant final des années 50 en France et en Europe et aux années 20 aux États-Unis– de la création et de l’artiste des sujets temporels, qui pourrait ainsi être récupérés, cités ad nauseam et enfermés dans une époque. Or, le principe même de l’artiste, de l’œuvre et de la création –les trois formant un ensemble indissociable, on n’est pas artiste si l’on ne créé pas une œuvre, la question épineuse étant de savoir ce qui fait œuvre, je proposerai une définition plus bas– est d’être complètement intemporel, non pas compris comme immortel mais dégagé des contingences du temps. Cela ne signifie pas que l’artiste est hors du temps, au contraire, il est fortement ancré dans son présent, mais qu’il n’y est pas pris. Allez, petit effort de définition.
Tout d’abord, l’artiste. Se contenter de dire qu’il est celui qui fait œuvre d’une manière ou d’une autre est assez facile mais ne nous apporte rien. Qu’il est l’origine et la fin du processus de création, ditto. Et comme je conçois l’art comme un concept fondamentalement articulé sur le temps, comme vous l’avez pu voir plus haut, autant creuser par là. L’artiste est ancré dans son temps, si l’on suit la citation de Saint Réal que Stendhal met en exergue au début du chapitre 13 de Le rouge et le noir : « Un roman, c’est un miroir que l’on promène le long d’un chemin. » Évidemment, il ne s’agit pas de restreindre au roman, mais d’étendre à tout art, peinture, cinéma, chanson, sculpture et ainsi de suite. Voici pourquoi.
En considérant la citation donnée ici, on comprend que l’artiste n’est autre que celui qui promène le miroir, mieux, qu’il est le miroir. Dès lors, l’œuvre d’art –roman ici– ne peut être qu’une expression de ce qu’il voit ou veut voir. L’œuvre se transforme donc en une projection du monde médiée par le regard de l’artiste. Or il semble assez clair qu’on ne puisse être que sur un temps à la fois, tant que la géniale invention du Doc n’est pas commercialisée ; mais irais-je acheter une DeLorean pour autant. Pour faire clair, l’artiste ne se promène que dans son temps et dans son temps uniquement, n’étant pas omniscient ou omnipotent. Le miroir qu’il promène ne peut donc être que la réalité de son époque, déformé par son point de vue. Au temps pour l’ancrage dans le temps. Cependant, au lieu de suivre son temps à la façon de ses contemporains, l’artiste va le juger, le confondre, l’exprimer. C’est-à-dire qu’il n’est pas prisonnier –dans son acte créatif tout du moins– de son temps. De sorte que l’artiste se tient dans ce lieu étrange à la fois dans le temps mais également à côté. C’est sur cette bordure que l’artiste peut promener son regard à sa guise et exprimer le monde. De là la conception fondamentale au cœur de la définition d’art : il ne peut y avoir que d’art libre, du temps, de la contrainte, etc.
J’ai peut-être été un peu vite en besogne en étendant la citation de Saint Réal directement à l’artiste et pas seulement à l’auteur. Il faut bien voir que l’auteur de roman n’est rien d’autre –qu’un artiste évidemment, mais pas tout le temps– que le manieur d’un langage particulier –celui vernaculaire de son époque et de son lieu, mais qu’il va charger autrement– qu’il va développer, faire advenir, augmenter mais surtout user de façon symbolique. Ce qui rend le parallèle avec, par exemple, la peinture, très aisé : elle est la même utilisation symbolique d’un langage. La musique également. Et ainsi de suite pour tous les arts, jusqu’au Pop. Art des années soixante dix, qui n’était rien d’autre que l’utilisation symbolique –et perverse et contradictoire s’il faut en croire Baudrillard– du langage de la société de consommation naissante. Cependant, utiliser un langage commun de façon symbolique en le chargeant d’affect ne suffit pas à faire un artiste. En effet, l’artiste est un work in progress. Voyons pourquoi.
La définition que l’on peut donner, à ce stade, de l’artiste, est la suivante. C’est un être en bordure de son temps –j’aime cette image de la bordure, du trottoir où, plus ou moins immobile, ou au-dessus de tous, on regarde les choses aller, en voyant leur point d’entrée, leur point de sortie, en voyant leur logique ; peut-on faire du philosophe, du penseur, un artiste ?– qui manie un langage commun pour projeter une représentation de son temps de manière symbolique.
Tous les éléments sont importants ici et le dernier à expliquer est celui de la représentation. Un artiste qui ne créerait pas ne serait pas un artiste, dans la lignée de la triade donnée plus haut : artiste, création, œuvre. L’être de l’artiste est donc le langage utilisé de façon symbolique, sa place la bordure, son objet la création et son résultat désiré l’œuvre. Cependant, cette œuvre n’est jamais complètement atteinte ou réussi ou n’importe. La carrière entière d’un artiste est la recherche de cette œuvre, l’envie de l’atteindre. De sorte qu’un artiste ne sort jamais de sa condition, seulement à sa mort, et forcément par un échec. « La beauté est un combat où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu » écrivait Baudelaire. Il avait raison.
De sorte qu’on peut donc reprendre la définition de l’artiste et la dire finale : l’artiste est un être en bordure de son temps, qui manie un langage commun de manière symbolique pour projeter une représentation de son temps que l’on appellera œuvre au terme d’un processus de création qui ne s’interrompt jamais.
C’est un coureur de fond sans ligne d’arrivée.
Dans un second temps, voyons un peu ce qu’il en est pour la création, processus qui définit l’artiste.
Mystérieusement, il me semble que définir ce terme posera le moins de problème. En effet, la création est aujourd’hui quelque de parfaitement intégrée par la société, que cela soit de façon perverse dans les lignes de montages des usines, dans les encouragements que prodiguent les professeurs à leurs élèves de produire quelque chose. Notons bien que ces deux expressions de la création sont dévoyées, puisque l’on parle de production. Or, si les deux processus se ressemblent, ils possèdent néanmoins une différence fondamentale. La production est orienté vers le produit. C'est-à-dire –pardonnez la maladresse, mais elle est claire– que la production produit un produit qui répond à un besoin. De sorte qu’elle n’est pas gratuite –d’autant plus que le besoin, étant l’expression du désir, n’est jamais satisfait, l’être du désir étant son insatisfaction fondamentale, relisez Platon– mais toujours en fonction de. De son côté, la création ne répond à aucun impératif contingent, même si elle peut répondre à un impératif interne à l’artiste qui se sent pris d’une envie créatrice. Elle est forcément gratuite.
Et étant gratuite, elle n’est pas sujette au temps, contrairement à sa contrepartie production. De fait, la production répond au temps tandis que la création est indépendante. À la façon de l’artiste, elle entretient une relation ambivalente avec le temps. Elle est en bordure de ce dernier également, puisqu’il n’a pas de prise sur elle –et par « prise », j’entends qu’aucun impératif temporel ne s’exerce sur elle– mais elle est s’inscrit à l’intérieur du temps dans le sens où d’une part elle prend du temps –on ne créé pas en deux secondes, ceux qui vous font croire cela sont des charlatans– et qu’elle répond à, utilise ce que le temps montre en un processus unique. Comme l’artiste, elle est à la fois dégagée du temps –non productive– et fortement ancrée dans ce dernier.
Il n’est pas d’artiste sans création mais, de la même façon, il n’est pas de création sans artiste. C’est l’artiste et l’artiste uniquement qui va déclencher ce processus créatif en réponse au monde et cette réponse au monde s’imprimera dans la création. Quand Pollock utilisait le dripping pour peindre, ce n’était pas innocent. C’est l’expression du monde tel qu’il le voit. La création est, d’une certaine façon, partie intégrante de ces deux work in progress que sont l’artiste et l’œuvre. Elle est dès lors tout aussi unique que l’artiste et semblable à lui, part, élément, condition de la réponse que constitue l’œuvre.
La création est donc ce processus, unique à chaque artiste, qui hors du temps s’en inspire pour résulter en l’œuvre.
C’est à ce dernier terme qu’il faut s’attaquer à présent.
L’œuvre est le dernier morceau de la triade, le résultat des efforts précédents. Rien d’extraordinaire alors à ce qu’elle partage avec eux des aspects, même si elle en est radicalement différente.
Ainsi, sur la question du temps, on peut considérer qu’à la façon des deux termes précédents, l’œuvre est dans une position ambiguë. Elle est une réponse au temps présent mais s’en tient complètement en dehors. Mais quand l’artiste –et le processus créatif avec lui– est forcément mortel et va mourir, l’œuvre, elle, demeure. Aussi est-elle aliénée, étrangère au temps. La place de l’œuvre n’est pas la bordure temporelle où se tient l’artiste et où se produit la création, mais l’intemporalité. La place de l’œuvre est l’immortalité. Elle est hors du temps, dès sa production et jusqu’à à sa disparition. En effet, elle est créée par l’artiste comme une réponse, mais disons plutôt une projection –toute œuvre est le monde en miniature, dit le monde– du monde et cette réponse est immédiatement dégagé de la bordure temporelle où se situe l’artiste grâce à son statut de projection justement. L’œuvre n’est pas un regard. Elle est un résultat. Pas un processus mais un aboutissement. De sorte qu’une fois terminée –la question se pose de la complétude d’une œuvre, illusoire ou nécessaire ?– elle ne fait plus partie du monde, puisqu’elle ne fait plus partie du processus créatif –la création– et donc partie de l’artiste. Elle a quitté le monde pour le réfléchir depuis un au-dehors que l’artiste n’a jamais atteint parce qu’il est mortel et parce qu’il fait partie, fondamentalement, du monde.
Voilà la caractéristique principale de l’œuvre, qui nous fait sentir, devant une œuvre, comme devant la nature. Ce n’est pas l’imitation de la nature, mais son caractère étranger. Une œuvre ne fait pas partie de notre monde, de notre temps. Elle est au-delà. De la même façon que la nature est au-delà. Une œuvre est la part d’étrangeté exprimée de l’artiste, sa part d’étrangeté reconnue par tous comme étant la nôtre, puisqu’elle parle forcément de notre monde. Une œuvre est fondamentalement étrangère et c’est cette étrangeté, cette extranéité qui la définit. De la même façon qu’un artiste est forcément en bordure, l’œuvre est étrangère.
On peut donc proposer la définition suivante au concept d’œuvre : c’est un miroir étranger qui nous renvoie l’image du monde déformé selon l’extranéité de l’artiste. Une œuvre est un étranger, au-dehors, intemporel, qui renvoie l’image du monde tel quel perçue par l’artiste depuis sa bordure.
Mieux que cela, l’œuvre est la phrase finale –dans le sens « poussée à fond »– du langage d’un temps. Elle est le hoquet de surprise, de révérence, d’exaltation échappé par un spectateur. Elle est la puissance symbolique dernière. Elle est la fin d’une réflexivité poussée au bout et le début d’une réflexivité nouvelle. Elle ne dit rien autre qu’elle-même et dit le monde avec elle.
Une œuvre est donc cet objet unique, intemporel, doublement réflexif, arrivée et point de départ, étranger au monde mais qui nous parle d’un monde.
Pour saisir la dangerosité de cette triade –artiste, création, œuvre– pour la société de consommation, il faut bien saisir que la société de consommation ne se définit que dans un truisme un peu pervers. Elle ne possède pas de mythe fondateur autre que ceux, autotéliques, qu’elle se forge et qui sont sa condition de vérité –ce que signifie qu’elle est fondée sur du vent, et sur un vent, si vous me le permettez, glissant. Or, et c’est un aspect qu’il faudra que je développe, la triade créatrice fait advenir du mythe, énonce un discours mythique sur son époque, qu’elle transmet aux générations futures. La confrontation d’une société sans mythe à des conteurs, faiseurs de mythe ne peut se résoudre que dans la disparition d’un des deux combattants.
Je vous laisse trancher qui gagne pour l’instant.
D’ici à la semaine prochaine, portez-vous bien, amusez-vous bien et lisez nos distributions,
MnM, we fight for you.
News du 09/08/2010 à 00:47:51 écrite par MnM - Commentaires (13)
An Amercian (true?) Story
Je vois que la question des Highschool Of The Dead vous perturbe!
Pour information : Nous avions scantradé les 5 premiers tomes de la série avant que les auteurs ne se mettent en pause. Durant cette pause, les 5 tomes sont sortis en librairie. C'est pourquoi aucun des précédents chapitres scantradés en français n'est téléchargeable sur le site.
Là, le volume 6 est en reprise de scantrad chez les US.
Donc nous allons reprendre à partir du chapitre 24.
Good evening,
A few weeks ago, some Russian guy –well, allegedly from a Russian origin, speaking in Chinese, which makes him, if not a Russian to the root, at least a communist from the best stock and, hence, a damn nuisance– asked me to write a note on this website devoted to scanlation –yes, some people still wonders what we’re doing here– in English, which I do not speak at all –and thus I wish google translation is as accurate as possible. I think we can consider it done by now, and I hope I won’t have to do it again. Gosh, was it painful!
I was born on a black night of November –yes, months do take a capital in English, no, they do not in French– in a damp and half-destroyed brownstone of Chicago downtown. It was a rough night, if what my father told me every November is true. Thunder, lightning –the only things missing are the three witches– rain and noise, noise everywhere. The sound of the patrol cars’ alarm, the other inhabitants of the building fucking, crying, screaming and sometime –yeah, even that– singing a tune from the Wizard of Oz. Blessed be that old geezer, and may him rest in peace. It was a rough night, but not the last of his life. Truth to be told, the last of his life was to happen in my late teens, not much before I turned eighteen. Anyway. I was born on this black night of November, on the first Tuesday of my life –yeah, days also take a capital, remember that– and the last for my mother.
D’you get the “rough night thing”? I hope. She died exactly thirty two minutes and fifty seven seconds after my birth. That’s what you get when you can’t afford a proper midwife and have to do the job by yourself. So, yes, before you ask, that night my father both brought me to life and killed his wife. Well, killed, a tough word. He did what he could. I won’t be such a hypocrite to the point of complaining. I got the best part in that story, after all.
So… It was a rough night and the beginning of a rough life. Not mine, first, but for my father. He was a cop, as his father and the father of his father. Don’t give me that look, I don’t believe in heredity. I’m not a cop. No longer, anyway. But please do not rush the story. Imagine how he fought against all odds to raise such a child as I was, all by himself? The first years were made of awkward solutions and I must confess I may have seen more of young black whores to be than any people on Earth. They were, for a week, seldom more, my mothers, and I went from arms to arms, from lap to lap, having as much as five mothers a day. Hell, when I turned two and began to remember things, that was funny. And strange, especially when I began to understand why I had so many fathers as well. Hence the sheer stop my father put to all this. I wasn’t to be raised by whores anymore. I was four, if I remember well, and he decided it was time I start to take care of myself and to be educated. He got rid of his television set, bought some books with a lot of pictures –not that sort of picture, you silly– and put a lock on his guns cupboard. I only succeeded in picking it eight years later. But on that day, it had been a matter of life and death.
Let’s skip some boring years, would you, and quickly arrived when I’m in junior high school. First good grades, first girls –please, notice the plural– last time I fucked up with my father. First good grades, I think you won’t guess. Not gym, but English literature. On the Autobiography of Benjamin Franklyn. The teacher was amazed that I had been able to read it completely and to make something of it. I think all I found to retort when she asked “Have you been help, you naughty?” was something like: “Hell no ma’am, I have no tv set at home, plenty time to read and a library close by.” Which was not entirely true, given that the black kid of the upper storey let me watch some shows with him in exchange for some peak at my father spare uniforms when he wasn’t there. And if you might ask, no, I wasn’t good at gym. That is to say, until I found that, by that time, it was the only place to be good at if you wanted to impress some girls.
First girls, then. The very first, just after I punched old Jimmy in the face and broke the ugly nose of his. I can’t remember if he deserved it. Let’s say he did and, if not, he might have all my most sincere apologies, for all that matters. Janice, she was called. We kissed, touched a bit and get separated by a grown-up who caught us in the lavatories doing something not well seen in a catholic school. Got expelled and never saw the girl after that. I remember that my father was hilarious about that in front of the director. At home, he used the good old whip belt trick. Didn’t cry, though. He had already taught me that crying never helps. Best. Lesson. Ever. The second, during a movie. Yeah, could seem strange by now when you all stay damn silent at the cine, but by then, well… Let’s say you could hooked up with a girl if you knew how to do it. A few kisses, a few hot chocolates and sweets together, and a letter where she told me her mother did not want her to flirt with such a lowlife as I was.
Which brings me to the first and last time I fucked up with my father. I guess I drank a little –by the age of fifteen, you don’t need much. Well, you didn’t– and told him things that were not to be told. Such as he was the murderer of my mother, that I had not done anything that could deserve such a shitty father as a punishment, that he has no brain and would remain a street cop forever, doing nothing useful. That time, he did not use the whip belt trick. I would have prefer. He left me, all alone in the apartment, not only for the whole night, but for the whole week. To think about what I’ve said. Damn efficient. I think I lost four kilos in one week, and spent the whole time crying. When he was back, I was but a shadow of myself, craving for a new chance. He gave me one. I was not stupid enough to miss it.
And then, he died.
Wow…
Not so fast. High school first.
First car. A fine Gran Torino completely torn off I slowly put back together. I still have it, in a garage, somewhere, shining and beautiful as the day it was made. I do make it some infidelities by and by, but nothing much.
First real challenge at school, and first lost in a battle. First and last. Some bright fellow, named Edward, who thought funny to make fun of the “boy from the ‘hood”, as he called me. Yes, we weren’t living in the brightest part of Chicago but it was our home. And he seemed not to understand that concept. That Edward was from a good family, of wealthy people, his father was a surgeon, her mother, director of a big bank and his older brother was a sophomore at Yale. To cut a long story short, a bunch of fucking “I-know-better” born with a golden spoonful of shit in their mouth and the bright dick of Lady Chance shoved deep in their ass. I think that’s why I decided not to be a mere cop, years later, to crucify those people and get them what they deserve, if they deserve it.
Anyway. He beat first on the occasion of a paper on Hamlet. Then in economy. Then in sports. He was picked as first quarterback. I had to do with running back. Yes, I was pretty dumb at that time. But it was the first time I’ve got beaten. I had to do something. So I waited for him, one night, with a monkey wrench in the pocket of my coat. And I beat him. I broke him to ribs, one knee and some teeth –but those with my fists, I’m not such a monster. And I went home, still dizzy with the adrenalin, not very sure of what I’ve done. Told nothing to Dad, went to bed. Two days later, he woke me up, in uniform, telling me that I’d right to stay silent and so on and so forth, that bloody fucking speech I knew too well because having asked him endlessly in my childhood to repeat it. I stood up, asked if I could put some clothes on. He shook his head. I turned back, get the handcuffs on and the worst day ever.
Could have turned the worst year. But it didn’t. My father had sacrificed any career he might have still wished for so that I went back home clean. He would remain a street cop. And I went to apologize to that cocksucker. Yeah, did not feel right at that time to get away with it. Still don’t. Even more since I know what he truly did to preserve me. Hell of a chance.
Bitter is the taste of humiliation, and I decided I’d drunk that cup for the last time. Went to gym more often, went to library even more, stopped seeing fellows I’ve met at the beginning of the year and graduate from high school second of my promotion.
That was this year my father died. I was somewhere around eighteen, and it was a rough night. Some officer told me that he was on duty, under the rain of April, on patrol in an even worst neighbourhood than ours. Heard strange noises coming down from a window. Asked reinforcement and went up when the screaming rose up again. Found five men on drugs raping a black chick in tears. As the manual says, asked them to stop. And then fire. He shot three of them before they knew what was happening. Not deadly, just broke their knee-caps. Always had been a sharpshooter, the old geezer. The fourth get himself a bullet in the left arm and a second one in the right leg. The fifth knew better and managed to ran away. My father went right to the girl, calling for help in his radio, and try to reassure her. He put her his jacket around the shoulder, telling her everything was going to be fine. Outside, the alarm were tearing the night apart, two close-by patrol cars already on the spot, four cops on the move in the staircase, running as fast as their lacking-training body allowed them. My father was still high on adrenalin, watching everywhere to see whether friends or foes were coming. Next thing he knew, a shotgun blew up the black chick and his right arm. He screamed, in pain. Last thing he saw, the barrel of the gun in front of him, a huge white man and a huge grin and then nothing.
They couldn’t make a face for him at the burial.
How many were we? Cops, six of them, two high ranked officers, I and a girl he had saved from the street long ago. Ten people at his burial, at least eight of which were here on duty. Harsh lesson. Second best ever. Bitterest as well. They told me he had saved money in case that might happen. They told me that would cover the rent for a few years. He told me, in his last will, that I would have to go to college by myself. And never to be a fool again. To bless God for what He will bring me and never to forget him or my mother. There was a picture of her, in her prime. She was the most beautiful woman I ever saw. She still is. Except for my wife. But that is another story, isn’t it?
I had, then, to go to college by myself. Never forget, never surrender, never back down and never lose yourself. I went to college. I went to Harvard. I piled up scholarship on scholarship, every help I could find, I took it. Sport, majoring in national exam, everything. Part-time job, summer job. I was even close to sell the Gran Torino. But did not. “Be true to yourself, son, be true to yourself.” Why would I have sold the only remembrance of my dead family?
I went to Harvard, where the true fun began. But this is another story. American Dream, I love thou still.
So, till next week, take care, have fun and read our releases.
MnM, we fight for you.
|
|
|
MNM team • 2006 - 2009 Design par JJfew • Powered by Bronx |
|