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News du 07/02/2010 à 20:20:36 écrite par MnM - Ajouter un commentaire
Diverses remarques
Bonsoir,
 
Comme le titre le dit rapidement, quelques remarques sans grand intérêt pour ce soir, le temps de trouver un nouveau sujet à développer en long, en large et en travers. Tout d’abord, une petite critique sur le héros moderne, qui envahit nos écrans de cinémas et nos livres. Encore une fois, j’appelle les lecteurs à me contredire, c’est le but du jeu.
Le héros classique est un héros de la transgression. Voilà mon point de départ, après quelques lectures. Vous me direz, dans la tragédie grecque, le héros est souvent la Cité mise en scène via le chœur. Il est même incertain que dans ces tragédies, il y ait un héros. En tout cas, dans Agamemnon, d’Eschyle, il n’y en a pas, à proprement parler. Mais je m’égare. Je parle du héros des mythes grecs, notamment, par exemple, de ce bon vieux Prométhée voleur de feu –dont on va nous offrir, vraisemblablement, une resucée avec le film à venir Percy Jakson et le Voleur d’Eclair, quelque chose dans ce genre– qui a nourrit l’imaginaire collectif du transgresseur jusqu’à Frankenstein et sans doute encore aujourd’hui. Car c’est un transgresseur. Voleur de feu, après tout. Il va dérober aux dieux le feu interdit aux humains. Il va au-delà des règles injustes. Achille et Hector sont aussi des transgresseurs célèbres, même si c’est moins évident à première vue. Achille va à l’encontre même des règles de la bataille, c’est-à-dire se battre pour une idée, une nation, un camp, et ne se bat plus que par vengeance. Ce n’est plus un homme, c’est un monstre –voir le traitement qu’il inflige au cadavre de Hector. Hector qui va lui transgresser les avertissements d’Andromaque et aller se battre. Sans parler d’Ulysse, Odysseus au mille ruses. Lui floue tous les dieux sauf Athéna qui le protège et l’aime.
Voyez donc, des modèles qui montraient à la cité grecque que le héros allait au-delà des règles de la Cité ou du destin/dieux et que cela n’était pas sans danger. Mais ils soulignaient également que ces comportements pouvaient touché à l’admirable. Que les règles du destin et de la cité, parfois mauvaises, devaient être transgressées. Que l’individu pouvait en sortir transformé et meilleur. Je parle sur de vagues notions, que quelqu’un me corrige.
Puis vint le moyen âge et son héros parfait qui n’était que le reflet de cela. Ainsi, Perceval n’est-il pas critiqué parce que trop conforme aux règles quand le Graal lui passe deux fois devant le nez ?
Et aujourd’hui, qu’advient-il ? Un bien triste constat, malgré le fait que la franchise Batman renoue avec le succès : le héros est mort. La civilisation occidentale ne peut plus se permettre d'avoir un héros, parce que le héros est un symbole figé. Il montre des valeurs absolues. Et si notre civilisation craint bien une chose, c'est l'absolu. Elle n'a plus de valeurs fixes. Elle les change au gré des situations et, tantôt la poursuite du profit (ah, cette "happiness" si proche et si lointaine) est profitable, tantôt condamnée. Tantôt il faut prendre soin de son prochain, tantôt le conspuer. Les ennemis d'hier sont les amis d'aujourd'hui et inversement. La real-politik, si on peut l'appeler ainsi, a tué l'absolu et proclamé l'ère du relatif.
Désormais, nos héros sont ordinaires. Prenez le cas de Larcenet et de sa bande dessinée autobiographique, Le Combat ordinaire. L'émotion vient de ces situations de tous les jours que l'anti-héros surmonte. Sans vous parlez de l'immonde Pinocchio commis par Winshluss ou des Petits Riens, de Lewis Trondheim. Comme si la grisaille du monde, comprendre par là, son désenchantement, le rendait difficile à vivre et, de par là même, faisait de l'humain simplement vivant dans le flot, une sorte de héros en miniature, triomphant des mesquineries de la vie.
Encore une fois, je tiens à préciser que je disserte sur du vide ici. Rentrez-moi dans le lard, c’est là où cela devient drôle. Je pense.
Bref.
Un monde désenchanté, comme l’écrivait Weber dans son livre Le Désenchantement du monde. Encore un livre qu’il faudra que je lise en détail un de ces quatre. La chose que j’en retiens pour l’instant, c’est le passage du monde plein de magie, de féerie à celui, industriel, où la science a remplacé l’inconnu. Où les vampires n’existent plus, où les monstres ne sont que des fantasmes issus de l’inconscient des hommes.
Je dois vous avouer que je n’aime pas ce monde. Ni ces nouveaux héros qui sont des héros de la règle. Qui nous font supposer que si on tient le coup, et bien, à la fin, à la toute fin, on sera récompensé.
Nous vivions, pendant un temps, dans le présent. En ce sens que ce que nous voulions, nous le faisions advenir, nous l’allions chercher. Nous saisissions et faisions le monde à notre gré. Cela s’appelait l’espoir. Aujourd’hui, on joue au loto. On endure.
La grisaille fait partie de notre vie quotidienne –et je ne vous dis pas à quel point à Dublin– et toutes les autres couleurs semblent avoir désertées. La question simple est pourquoi ? C’est une fausse question. Surtout, ne pas se la poser. Elle implique de garder le regard en arrière. Il faut surtout se demander comme retrouver les couleurs. Sortir de la demie teinte.
J’en avais déjà parlé, je crois. Le fait est qu’il faut s’impliquer. A chacun son niveau, à chacun sa manière. Cesser d’aller sur la voie du moindre effort/effet. Accepter de n’être pas d’accord avec quelqu’un et le lui faire savoir, nom de nom. Lui planter ses erreurs dans la tronche.
 
Je viens de finir de relire le Spleen de Paris, de Baudelaire. Un de ces quatre, je vous ferais une note de lecture sur ce sujet. Aujourd’hui, je veux simplement vous amener à lire le poème Assommons les pauvres (ici : http://baudelaire.litteratura.com/le_spleen_de_paris.php?rub=oeuvre&srub=pop&id=187 ) et à voir combien il pourrait être vrai aujourd’hui. Soyez extrême, poussez votre pensée au bout et raffinez ensuite. Vous verrez, souvent, cela fonctionne.
 
Quelques précisions pour finir.
J’ai effectivement retiré tous les textes, par orgueil mal placé. Ils sont disponibles sur simple demande via l’onglet « Contacts » du site.
Je ne répondrais pas plus avant aux questions personnelles posées dans les commentaires, encore une fois, le dialogue sera ouvert via l’onglet « Contacts » du site. Et vraisemblablement élargi ici s’il devient intéressant.
 
D’ici à la semaine prochaine, portez-vous bien, amusez-vous bien et lisez nos distributions (qui vont revenir, si vous n’êtes pas patient, allez vous faire mettre),
 
MnM, we fight for you.
comme dit, cauhein, pourquoi un héros doit il être légendaire? le simple fait, qu'il se dépasse pour ses convictions n'est-il pas suffisant?
merci pour les chapitres
Depuis quand un héros doit-il être légendaire?
le cas des kamikazes et autres terroristes est assez intéressant et va prouver une bonne fois pour toute qu'un héros ne l'est qu'en fonction et à proportion de son adhésion aux valeurs d'un groupe.
Il est indéniable que ces hommes qui se font sauter pour tuer le maximum d'ennemis
- 1 : pensent être des héros
- 2 : le sont aux yeux d'une grande partie de leur communauté sociale.
Pour leurs ennemis, ils ne sont que des détraqués ayant perdu tout sens de la vie. Et dans le contexte quasi apocalyptique dans lequel les media nous plongent, peu peuvent se targuer d'être totalement neutres dans ce débat, tant il cristallise les tensions dans les manières d'envisager la vie et le monde.
Tout ça pour dire qu'une grande partie de la population mondiale considère ces gens comme des héros, qui se sont sacrifier pour une cause qui les dépasse. En Côte d'Ivoire, pays à moitié musulman et assez calme sur le plan international, un ami m'a raconté avoir constaté que de nombreux taxis de la capitale économique (Abidjan) arbore en guise de sapin anti-odeur une photo de Ben-Laden. En en parlant avec le chauffeur, celui-ci lui a dit qu'il n'était pas musulman, mais qu'il admirait néanmoins Ben-Laden pour son combat héroïque contre beaucoup plus fort que lui.
Constatation: d'un point de vue mondial (et non européen), un héros est un homme qui se bat quelque soit la situation ou le contexte dans lequel il se trouve. Il suit et protège ses valeurs quoiqu'il lui en coûte. Dans la mesure où tout le monde a bien compris que l'histoire n'était écrite que par les vainqueurs, devenir un héros, c'est donner une chance à ses valeurs, sa culture, de rester dans les mémoires (donc l'histoire) sous forme de légende au sens étymologique du terme: "ce qui mérite d'être lu".
retour à ce bon vieux raisonnement!
je ne cesse de clamer haut et fort que tout le monde est artiste à sa propre façon. Et on me répond, sûr d'eux même, mais alors être artiste perd son sens, et devient comme tu le dis, une "banalité".
Idem, pour le héros. Pourquoi un héro ne doit-il pas être banal? Oui, selon la définition, c'est un être particulier, avec des actions héroïques. Mais il suffit de trouver et de prouver que la banalité est en elle-même un peu héroïque. Je fais un peu référence aux œuvres d'André malraux, et de "la condition humaine" notamment. On trouve que les personnages les plus banales, ceux qui se fondent dans la masse,des inconnus, sont les personnages principaux, les héros puis que c'est par eux, et à cause d'eux, que l'histoire en est bouleversée. Je pourrais m'aventurer dans le sujet du hasard, et du destin. Mais ce serait trop simple. "c'était le hasard" "c'était le destin". Et même si c'est une vérité, peut être que nous nous compliquons la vie, mais je ne veux pas y croire, ce serait trop facile de les accuser.
Bref revenons au sujet, plus la société evolue, plus le héros en devient relatif. Sur ce point, oui je suis d'accord. Parce que l'histoire banale de "et le héros brandit son épée et tuer le méchant tout laid. Retrouva son amour et vint une ère de paix", n'est plus "fascinant". C'est comme tu dis, la grisaille. Le héros n'incarne plus des valeurs nobles et respectables, non, le héros devient un simple objet pour un public, parfois un peu naif.
Le héros est un bad boy, qui finit par tuer son copain qui la tromper et menti. Et finit, avec la blonde d'à côté. Yes, et le public en est fasciné jusqu'au bout des ongles de pieds. Et l'idée germe "un bad boy est un héros"et "la p'tite blonde à gros nichon est un modèle". Car il est pris dans l'absolu. Si le public ne cherche pas lui même le pourquoi de cette histoire et le message, le héros n'en sera qu'un fake.
Si le public est stupide, le héros aussi serait stupide. Voilà le héros "moderne".
Je suis un peu extrême, mais c'est ce que j'en deduis de ce qui se passe.
Heureusement, que le monde dans son absolu n'est pas stupide. Il y a ceux qui se battent pour leurs objectifs, leur idéaux, leur croyance. Ils sont des héros car ils suivent leur propre voie. Mais le cas des attentats suicides ou encore de mr Hitler? Non, ce sont des personnes victimes d'eux même et de leur propre système. Quand on joue, on finit par s'y prendre, et perdre conscience de soi-même.
Voilà, je crois que ce que je voulais dire est sorti,
Respect à la MnM pour son boulot, ja!

Le héros d'aujourd'hui?
C'est une réflexion de prime abord intéressante.
Ceci dit, a t'elle ici une once d'utilité?
Qui se souci de cette notion et se sent impacté au quotidien par cette question?
M'est avis que cette réflexion ne changera rien dans l'absolu. Si elle ne change rien, elle ne sert à rien.

Bref, sauf votre respect, arrêtez de vous branler le cortex sur des conneries hors sujet et sortez nous vos releases! Je ne viens pas ici pour autre chose et j'imagine ne pas être le seul :p

Aaahhh!!! Que s'est bon d'être un connard pragmatique, impatient qui va se faire mettre, mais franc!

Ps: Attention, je remercie néanmoins la team MnM "we fight for you... when it's done" pour son excellent travail ^^
Merci a toi tu viens juste de redire ce que j'ai dit en l'illustrant avec des exemple et ça passe beaucoup mieux^^
Y'en a qui manquent vraiment d'humour j'ai l'impression...
Sinon pour la traduction de Shakespeare, je pense aussi que si elle est bien faite et qu'elle permet aux néophytes (dont je fais partie, n'étant qu'un piètre angliciste) de découvrir un univers et d'avoir envie ensuite de l'approfondir dans la version originale, cela ne peut qu'être positif!
Regardez les romans de Chrétien de Troies. Première approche en ancien français: claque radicale, le texte est vraiment incompréhensible. Avec une bonne traduction: plaisir de découvrir des histoires qui font partie de la culture occidentale et découverte d'une période bien précise de l'histoire culturelle. Résultat: envie de se plonger dans le texte ancien et d'apprendre!
petite correction de langue vite fait^^

les jeunes disent "osef" pas "joseph"

voila c'était juste trop bizare pour être laissé.

Akira
Le problème, c'est que ces adaptations étaient l'oeuvre de l'auteur lui-même. Est-ce que l'adaptation en question aurait eu l'aval de Shakespeare? Vu qu'il est impossible d'avoir une réponse à cette question, je ne prendrais pas le risque de dénaturer une oeuvre. Mais bon, j'aime pas Shakespeare, alors "joseph", comme disent les jeunes.
Si on commence à faire ça, on finira par faire des remakes parlants des films de Fritz Lang sous prétexte de facilité l'accès à d'autres gens.